Music'Arte, Giacinto Scelsi
plan d'accès programme (PDF)

Giacinto Scelsi affirmait volontiers que le son est sphérique, et donc doté d’un centre, qui constitue son cœur. En donnant la parole à ses proches ainsi qu’à ses fidèles interprètes, le documentaire Le premier mouvement de l'immobile, deuxième long métrage de Sebastiano d'Ayala Valva, semble procéder de cette même sphéricité : par une approche tangentielle mais multidimensionnelle, il réussit à se focaliser sur un centre vibratoire où se condense l’essence créatrice du compositeur.

Scelsi n’apparait jamais à l’écran, même en photo ; on sait son opposition épidermique à l’idée de laisser des images de lui-même. Il est pourtant ici le foyer vers lequel tout converge. En retenant comme trame de son film d’assez nombreux extraits des bandes que le compositeur avait enregistrées pendant quatre nuits avant de mourir, sorte de message testamentaire délivré au monde, Sebastiano d'Ayala Valva, cousin éloigné de Scelsi, donne à cette voix off une présence à la fois spectrale et étonnamment vivante.
Les personnages dont les témoignages se succèdent ont en commun d’avoir été profondément marqués, au-delà de l’homme et de sa pensée, par son aura mystique. La contrebassiste Joëlle Léandre, la clarinettiste Carol Robinson et la pianiste Marianne Schroeder, ou encore la vocaliste Michiko Hirayama soulignent une optique musicale radicale en ce qu’elle vise exclusivement le son lui-même, et exige des interprètes une grande perméabilité au phénomène vibratoire pour faire littéralement corps avec le son.
La polémique autour de la revendication par le compositeur Vieri Tosatti des œuvres dont il a assuré la transcription n’est pas passée sous silence, Sebastiano d’Ayala Valva se gardant toutefois de prendre parti. Une séquence où Scelsi évoque les artistes qui sont des « intermédiaires » en contact avec les forces supérieures pose sous un autre angle la question du statut de l’auteur. Un extrait de la bande sur laquelle fut enregistrée la maquette de Uaxuctum (1966) souligne effectivement la façon dont le compositeur vivait sa musique en-temps, pour employer une expression xenakienne, et non dans la projection hors-temps de l’écriture.

Aldo Brizzi dirigeait en septembre 2017 le Chœur et l’Orchestre philharmonique de Radio France dans Uaxuctum, imposante œuvre pour ondes Martenot, sept percussionnistes, timbales, chœur et 23 musiciens. La captation vidéo de ce concert à l’Auditorium de Radio France, où une installation multi-caméras a permis au producteur Nicolas Lesoult de favoriser une image dynamique, a également fait l’objet d’un travail hors normes sur le son, qui permet une restitution véritablement immersive de cette œuvre cosmique.

Entrée gratuite sur réservation


production les Films de la Butte / Ideacinema
Avec la participation de Arte G.E.I.E. et de Radio France
avec le soutien du CNC et de la SACEM


En partenariat avec Arte

L’UGC Ciné Cité Strasbourg Etoile accueille Musica


Sebastiano d'Ayala Valva

long-métrage documentaire

Giacinto Scelsi , Sebastiano d'Ayala Valva
Uaxuctum (2018) / 26’

« La légende de la Cité Maya détruite par eux-mêmes pour des raisons religieuses »
concert filmé

Interprètes de Uaxuctum :
Chœur de Radio France
Solistes, Tamara Bounazou, Natasha Sollers, Yaxiang Lu, Martin Davout
Orchestre Philharmonique de Radio France
Direction musicale, Aldo Brizzi
Chef de chœur, Roland Hayrabedian


Fin de la manifestation à 22h30

production les Films de la Butte / Ideacinema
Avec la participation de Arte G.E.I.E. et de Radio France
avec le soutien du CNC et de la SACEM


En partenariat avec Arte

L’UGC Ciné Cité Strasbourg Etoile accueille Musica

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