La Passion selon Sade
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La Passion selon Sade de Sylvano Bussotti est de ces œuvres mythiques que peu de gens, pourtant, ont eu la chance de voir. Créée avec Cathy Berberian, elle est aujourd’hui reprise, dans une mise en scène d’Antoine Gindt, par l’ensemble Multilatérale, le comédien Éric Houzelot et la soprano Raquel Camarinha (nommée aux Victoires de la Musique Classique 2017), tous placés sous la direction de Léo Warynski, invité régulier de Musica depuis 2011 : un événement qui offre, pour ses interprètes comme pour son public, l’occasion d’une expérience sadiquement déstabilisante – et passionnément inédite.

5 septembre 1965, Teatro Biondo de Palerme : la création de La Passion selon Sade rencontre un succès de scandale. Sade n’est pourtant que diffusément présent dans une œuvre qui choisit pour matériau littéraire le sonnet « Ô beaux yeux bruns » de Louise Labé. Mais la transgression n’est-elle pas toute entière dans ce décalage ? De la Passion du Christ à celle de l’amant éploré, du martyre rédempteur aux souffrances vécues par amour.

Il y a plus sourdement un fil à tendre entre les convictions libertaires du « divin » marquis et la démarche de Sylvano Bussotti, auteur depuis le début des années 1960 de partitions « graphiques » permettant à l’interprète de s’affranchir de l’autorité du compositeur. La Passion selon Sade en offre d’ailleurs un exemple particulièrement flamboyant : chaque musicien y dispose de la même partition, rébus labyrinthique de portées échevelées, de textes et de dessins dont il doit s’inventer la clef.

Assumant cette responsabilité de co-auteur de l’œuvre que lui confère cette forme ouverte, Antoine Gindt a fait le choix d’encadrer ce « mystère de chambre » d’un prélude et d’un postlude qui en prolongent les thèmes – de la dimension politique de l’engagement libertin au traître encastrement de la violence physique dans l’attachement spirituel (via la figure de Judas, telle qu’évoquée dans la Passion selon saint Matthieu de Bach). Entre-temps se sera développé un théâtre total, marqué du signe du duel et de l’ambivalence – celle du musicien-comédien, de la double figure de la protagoniste (Justine “O” Juliette) ou de son face-à-face avec le Marquis, dans un huis-clos conjoignant l’espace du boudoir à celui de la séance psychanalytique.


Production T&M-Paris
Coproduction Théâtre de Nîmes, avec le soutien du Festival Musica


En partenariat avec France Musique

Avec le soutien de Ernst von Siemens Musikstiftung

Sylvano Bussotti
La Passion selon Sade (1965-66) / 1h05

Nouvelle production 2017
Mystère de chambre avec tableaux vivants


Ensemble Multilatérale

Fin de la manifestation à 17h10

Production T&M-Paris
Coproduction Théâtre de Nîmes, avec le soutien du Festival Musica


En partenariat avec France Musique

Avec le soutien de Ernst von Siemens Musikstiftung