Quatuor Arditti
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En association avec Musica, les Musées de Strasbourg présentent deux quatuors du jeune compositeur François Meïmoun. Avec Dutilleux et Dusapin en (re)pères, le Quatuor Arditti poursuit son inlassable défrichage du répertoire contemporain.

François Meïmoun aime les références et s’y attarde volontiers. Né en 1979, ayant étudié au Conservatoire Supérieur de Paris avec Michaël Levinas, pianiste, spécialiste de l’œuvre de Jean-Sébastien Bach, le quatuor à cordes – son premier fut composé en 2010 à l’occasion d’une résidence à l’Abbaye de La Prée –, lui est devenu un univers à ce point familier qu’il a récemment transcrit les Variations Goldberg pour le Quatuor Ardeo. « Un genre qui restitue au plus près le plus profond de la pensée d’un compositeur » confesse-t-il. Dans son n°2 (untitled - selon pollock), c’est évidemment au peintre américain qu’il rend une sorte d’hommage, en l’opposant dans une espèce de joute chevaleresque : « Pollock suggère les dessins, laisse le spectateur les deviner, les agencer, les oublier, les recréer. Là où Bacon et Picasso multiplient les têtes, superposent les visages en brisant le modèle ». Dans le n°3, constitué des quatre mouvements de la sonate classique : l’allegro, le scherzo, le mouvement lent et le finale, c’est avec l’héritage ravélien qu’il dialogue.

Créé en 2010 à Paris par les Arditti, encore jamais joué à Musica, le dernier des sept quatuors de Pascal Dusapin « Open Time » (clin d’œil à son deuxième quatuor de 1989 intitulé « Time Zones ») se présente sous la forme de vingt et une variations qui selon l’auteur « s’enchaînent sans aucune pause pendant presque quarante minutes. Il n’y a pas de thème mais un geste, celui de l’alto au tout début de la partition. Presque rien, deux notes, dont l’une compte à peine puisqu’elle est confondue avec celle qui suit. Non pas un accord mais une anacrouse, comme une syllabe qui ne compte pas dans la mesure du vers. Mais cette petite note “sans importance” aura pourtant de grandes conséquences sur le cours de la partition. Vingt et une fois, elle tentera de se glisser dans la forme, déguisée sous d’autres formes, à l’envers, à l’endroit, de travers, cachée derrière une autre note ou un groupe de notes. »


Avec le soutien de la Sacem
Concert présenté par les Musées de la Ville de Strasbourg dans le cadre du festival Musica

Avec le soutien de la Sacem
Concert présenté par les Musées de la Ville de Strasbourg dans le cadre du festival Musica