Registre des lumières
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Raphaël Cendo convoque un généreux dispositif choral, instrumental et électronique pour son Registre des lumières. Il ambitionne de décrire un « voyage dans le temps commençant au début de l’univers jusqu’à aujourd’hui ».

Il y a une volonté farouche de la part de Raphaël Cendo (né en 1975) d’extirper de zones enfouies, de zones incertaines et obscures, quelques éclaircissements sonores, « de chercher l’inespéré ». Deuxième partie d’un diptyque débuté avec son Introduction aux ténèbres sur un livret extrait de l’Apocalypse selon Saint-Jean (présenté à Musica en 2010), Registre des lumières se divise en trois parties, trois temps (celui des origines, celui des premiers hommes, celui des civilisations) reliés chacun par un interlude.

« Le temps des origines est basé sur l’introduction du premier livre des Métamorphoses d’Ovide ; description de la naissance de l’univers et du chaos primordial, temps étiré du “fond diffus cosmologique”, silence de l’infini et du vide, ce chapitre met progressivement en place un mouvement de rotation spatiale, comme référence absolue des mouvements du cosmos.

Après un interlude qui déploie à l’excès le matériau du premier chapitre, Le temps des premiers hommes décrit l’éveil de la conscience et de la connaissance, univers d’une nature fantastique et fantasmagorique, peuplé d’animaux étranges et inconnus, porté par les balbutiements d’un proto- langage imaginaire, c’est l’émergence de l’angoisse métaphysique et de la pensée symbolique.

Imaginé comme une ellipse, une accélération vertigineuse, le second interlude conduit au dernier chapitre, Le temps des civilisations, basé sur un extrait de la Genèse (La tour de Babel). C’est ici le temps des langues secrètes, de la confusion et de l’achèvement de l’unité des hommes, des conflits où les pouvoirs et les contre-pouvoirs s’affrontent.

Une énigme, basée sur un des fragments d’Héraclite vient conclure sous forme d’épilogue la pièce : “Si tu n’espères pas, tu ne trouveras pas l’inespéré, qui est introuvable et inaccessible.” »

L’œuvre est à la fois sombre et envoûtante, démesurée autant que son argument, elle déploie un foisonnement sonore hors du commun.