Quatuor Arditti
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Comme le Quatuor Arditti qui leur a offert une plateforme de création incomparable, Pascal Dusapin, James Dillon et Philippe Manoury ont marqué de leurs présences les trente années de Musica. Leurs parcours dans cette forme si accomplie de la musique de chambre en témoignent, avec bien des singularités.

Il y a précisément 30 ans, le 2 octobre 1983, le Quatuor Arditti inaugurait ce qui deviendrait un des plus réguliers et fructueux rendez-vous du festival. C’était aussi – moins de dix ans après sa création par Irvine Arditti – le début de la maturité d’un quatuor qui aura écrit un chapitre entier de l’histoire de la création musicale : plus de six cents partitions nouvelles, un répertoire propre à défier les lois de l’interprétation !

En 1983, Berio et Ligeti notamment étaient à leur programme. Et Philippe Manoury avec un quatuor de jeunesse qu’il a depuis déclassé au profit de Stringendo (terme signifiant « resserrement du tempo », mais contenant par ailleurs le mot anglais string, corde). Ce nouveau premier quatuor est donc une œuvre tardive (2010) et mûre ; elle précède de peu son deuxième quatuor (Tensio créé la même année et donné à Musica en 2011).

Les parcours avec le genre qu’ont entretenus Pascal Dusapin et James Dillon – dont on entendra la création du septième quatuor – procèdent d’une autre temporalité, cette fois-ci parallèle. Leurs premiers quatuors furent l’un et l’autre créés par le Quatuor Arditti en 1983 et trente ans plus tard ils en sont chacun à sept numéros.

Le Quatuor n°5 de Dusapin (reconnaissable par son introduction en pizzicati) offre certainement la quintessence de l’écriture pour cordes du compositeur : un entrelacement fluide et mystérieusement suspendu. La version des Arditti en est une référence incontournable.