Entrée gratuite sur réservation obligatoire uniquement auprès des salles :

- auprès des Tanzmatten, Sélestat : +33 (0)3 88 58 45 45

- auprès de la MAC, Bischwiller : +33 (0)3 88 53 75 00

- auprès de l’Espace Rohan, Saverne : +33 (0)3 88 01 80 40

Le groupe emmené par Armand Angster et Françoise Kubler sera à l’automne sur les routes – de Saverne à Sélestat. Une initiative conjointe du Conseil Général du Bas-Rhin et de Musica pour que le festival rayonne plus largement encore sur le territoire.

Au risque de se répéter, on rappellera brièvement combien Accroche Note (créé à l’orée des années 80 à Strasbourg) a contribué à l’émergence d’un répertoire de musique de chambre contemporaine original, vivant et incroyablement diversifié. Autour des solistes du groupe, que la plupart des compositeurs d’aujourd’hui ont fréquenté assidûment, s’est organisée une pratique instrumentale et vocale ouverte et inventive, fondée sur la recherche, la maîtrise des œuvres du passé comme celles du présent, et l’improvisation.

Le programme de ces concerts est un magnifique (double) portrait : un portrait du groupe, élargi aux cordes, démontrant ainsi sa capacité à réunir autour de son noyau initial – voix, clarinette, percussion –, un ensemble de musiciens plus large, unis par la même motivation d’un répertoire ; ainsi qu’un portrait ciblé d’un siècle de musique réuni par une certaine conception du timbre et de la séduction.

De Ravel à Mantovani – dont on entendra la création française de son très récent Concerto de chambre n°2 –, la musique française affirme ici sa continuité virtuose. Il est dit des Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé, chef-d’œuvre que Ravel composa en 1913, qu’il répondait au Pierrot lunaire de Schoenberg ou aux Trois Poésies de la lyrique japonaise de Stravinsky, deux partitions remettant en jeu le rapport à la mélodie et au chant. La manière dont le compositeur français saisit la poésie de Mallarmé illustre son partage intime entre modernité et classicisme. Une synthèse qui accède ici à une forme de perfection.

Franz Schreker, contemporain et compatriote de Schoenberg, est connu pour ses opéras, dont Der Ferne Klang (Le son lointain) qui lui assura une phénoménale célébrité en 1912. Der Wind est composée quelques années auparavant pour les sœurs Wiesenthal, trois danseuses et chorégraphes autrichiennes, actives dans l’avant-garde de ce début de XXe siècle. La musique de ce « drame sur le vent » suggère à merveille l’idée de légèreté, d’apesanteur, de flottement mais aussi de rugissement, d’emportement, de brise ou de caresse…

On y observera sans doute une correspondance avec l’art de Salvatore Sciarrino. Le compositeur italien, sculpteur de timbres invisibles, formidable inventeur d’une musique qui semble au-delà de toute contingence matérielle, est ici captivé par l’art de Gesualdo dont il s’inspire. Le voci sottovetro (Les voix sous verre) font allusion aux « génies » enfermés des légendes. « Que reste-t-il des voix anciennes ? Les verrons-nous uniquement par transparence ou arriverons-nous à en percevoir un résidu, même minime, qui ne se serait pas encore échappé du vase ? » interroge Sciarrino.


Avec le soutien du Conseil Général du Bas-Rhin
Entrée gratuite sur réservation obligatoire directement et uniquement auprès des salles