Ensemble Cairn
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Comment puiser au passé pour enrichir notre actualité musicale ? Gérard Pesson et Tristan Murail apportent leurs réponses, toutes deux hautement originales.

Il y a du jeu dans sa démarche. Avec Gérard Pesson (né en 1958), dont on apprécie l’attrait pour l’érudition libérée et le goût du contrepied savant, l’humour transparaît partout. C’est à Georges Perec qu’il fait ici référence, citant en exemple ses jeux formels et linguistiques pour expliquer sa démarche de musicien transformiste. D’un menuet de Mozart (en ré majeur, Köchel 355), il tire une série de variantes, chacune astucieusement qualifiée : à la manière de… Beethoven, Darius Milhaud, Frédéric Chopin, une version glissée, une autre en hoquet et notes répétées.

Nebenstück d’après Brahms fait davantage appel à la mémoire qu’au jeu : « cette ballade de l’opus 10 m’a hanté littéralement pendant des années… » dit-il.

Mémoire, in memoriam. Tristan Murail (né en 1947) convie celle de son maître, Olivier Messiaen (une sorte de tombeau musical), et celle d’un illustre prédécesseur Claude Debussy pour inaugurer le cycle Portulan, sorte d’autobiographie dont chaque étape porte une signification singulière pour l’auteur. Là aussi les références sont explicites.

À ces jeux de cloche, Jérôme Combier (né en 1971) et Frédéric Verrières (né en 1967) se livrent également. Comme une course (lente), un relais qui se transmet de génération en génération.


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