Ensemble In Extremis

Représentatif d’une nouvelle génération d’interprètes, l’Ensemble In Extremis revisite le répertoire récent autant qu’il accompagne la création. Petit bilan strasbourgeois.

Crumb (né en 1929), Hurel (né en 1955), Pesson (né en 1958), Bertrand (né en 1981)… L’association de ces quatre compositeurs présage immédiatement du souci porté au timbre, souci du détail, de manières de composer (et de jouer) des musiques où la compréhension acoustique est primordiale.

Les époques font pourtant se succéder différents concepts : George Crumb n’hésite pas, en 1971, à théâtraliser alors sa pièce (les musiciens ont dû porter des masques de plongée de façon à perturber la perception que l’auditoire doit avoir d’eux !) et à préciser les lumières nécessaires (deep blue). Vingt-cinq ans plus tard, c’est plutôt à l’intérieur du son qu’il faut chercher le théâtre de Gérard Pesson (« musique d’os » qui laisse transparaître quelques bribes citationnelles, en saillies) ou dans la confrontation, chez Philippe Hurel, entre rythmique « jazz » et harmonie « spectrale ».

L’indication « jazzy », on la trouve aussi dans Satka, partition très récente de Christophe Bertrand, créée en 2008 au Festival d’Aix-en-Provence. Membre à part entière de l’Ensemble In extremis, depuis sa création en 2001, le jeune compositeur strasbourgeois joue avec une très grande virtuosité, « dont la vitesse est paroxystique. (…) Cette virtuosité n’a pas pour but d’être démonstrative mais de communiquer une grande énergie à l’auditoire. »