Champ d'Action
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L’ensemble flamand découvre les univers de deux compositeurs nés en 1975 : la radicalité sonore du français Raphaël Cendo s’oppose au style ciselé de l’italien Mauro Lanza.

S’ils font partie d’une même et nouvelle génération et s’ils ont partagé, à quelques années d’intervalle, le même cursus de composition à l’Ircam, on ne confondra pas l’un avec l’autre. Deux mondes se font face : la saturation exacerbée du premier et le pointillisme impressionniste du second. De ces deux jeunes compositeurs on pointera toutefois le désir du panache sonore, qui s’exprime avec brio dans deux directions très personnelles.

Raphaël Cendo, qui fréquenta la scène rock hardcore avant ses études musicales, privilégie les sons sales dont il pense qu’exclus, ils ont envie de se retrouver au centre, dans un mouvement centripète imposé aux marges acoustiques. Ses titres illustrent l’engagement volontariste : Action Directe, Action Painting. Le coup de poing n’est pas loin, comme les influences, du free-jazz au punk, des esthétiques tranchées de Xenakis, Lachenmann ou Romitelli, se font entendre. Cendo veut écrire ce qu’il pense être « le son de notre temps », engagé et en désobéissance.

Mauro Lanza, qui a étudié le piano et la composition à Venise, sa ville natale avant de rejoindre l’Ircam, établit un autre contrat avec le matériau sonore, comme en témoigne la lancinante et belle construction synthétique de Erba nera… La voix se pose, ondulante, sur cette espèce de gamelan instable qui brouille les repères. Dans Aschenblume, Lanza prend le temps d’atteindre le paroxysme, en faisant se succéder de multiples cellules virtuoses. On lui retrouve là une qualité très vénitienne, brillante et sophistiquée.