Philharmonisches Orchester Freiburg
programme (PDF)

Ouvertement éclectique et festif, ce concert montre l’orchestre dans sa pluralité : ou comment deux grands pianos de concert et un accordéon rivalisent amicalement de styles et de virtuosités.

L’Orchestre Philharmonique de Fribourg est une institution respectable : créé en 1877, Clara Schumann, Franz Liszt et Richard Strauss l’ont fréquenté en leur temps ! Cette tradition d’accueil se perpétue avec les compositeurs d’aujourd’hui, sous l’impulsion de Fabrice Bollon, son nouveau chef depuis 2008. Ce programme en témoigne intelligemment.

Créée en 2008 au Mozarteum de Salzbourg, donnée pour la première fois en France à Musica, Im Lichte de Johannes Maria Staud (né en 1974), s’éloigne du traditionnel concerto pour deux pianos où le dialogue avec l’orchestre s’impose. « Un seul et même gros instrument joué par une pieuvre à quatre mains » attise les attentes de l’auditeur. Les sections se succèdent sans que leurs limites soient toujours bien marquées, dans de brillants éclats sonores.

Chez Bernard Cavanna (né en 1951), au contraire, un certain réalisme s’impose. S’amusant de la mémoire de l’accordéon, son concerto se déroule selon quatre mouvements bien identifiés : à la « musette » et au « galop pompier », il fait se succéder deux temps plus calmes et abstraits, comme si à l’entêtement populaire succédait une douce et indicible nostalgie.

Dans une de ses dernières partitions, Fausto Romitelli (1963-2004) s’interroge sur la communication, à une époque dominée par les médias électroniques. Il confie cette réflexion à l’orchestre qui simule cette communication filtrée, biaisée, artificielle. Seul, l’orchestre reprend néanmoins le premier rôle.