Orchestre Philharmonique de Liège Wallonie-Bruxelles
programme (PDF)

En ouverture de Musica, un concert qui donne les clés de l’édition 2008.

Karlheinz Stockhausen n’a pas trente ans quand il compose Gruppen qui deviendra un modèle de la révolution orchestrale des années cinquante. Divisé en trois ensembles égaux dirigés simultanément par trois chefs, l’orchestre sort de son cadre symphonique pour devenir l’instrument novateur d’une expérience sonore, spatiale et temporelle.

Créée à Cologne le 24 mars 1958, l’œuvre symbolise à la fois une époque tournée vers l’avenir et une pensée audacieuse de la musique. Cinquante ans plus tard, elle continue à fasciner. Partout à travers l’Europe, de Lucerne à Berlin, de Vienne à Londres ou à Porto, elle est jouée cette année pour rappeler combien, dans tous les domaines de la musique et de ses utopies, le XXe siècle est redevable au compositeur allemand récemment disparu.

À Strasbourg, c’est aussi un autre souvenir qui s’impose : celui des ateliers SNCF de Bischheim qui accueillirent en 1989 une exécution mémorable de l’œuvre.

À l’âge qu’avait Stockhausen en 1955, Christophe Bertrand (né en 1981) affronte la grande forme : son double concerto, pour deux pianos et grand orchestre, reprend à sa manière certains des acquis techniques de cette période : superposition de vitesses, impureté et bruit, virtuosité et complexité… Outre sa référence à Hitchcock, ce vertige, cette peur du vide, ne laisse selon son auteur « aucun répit, aucun temps mort. Pas de silence, pas de lenteur ». En ouverture du festival, Vertigo est une des créations majeures de cette édition 2008.

Enfin, le nouveau parcours que Musica consacre en 2008 à Pascal Dusapin, complice et compagnon du festival depuis un quart de siècle, s’ouvre avec Extenso (1993-94), le deuxième de ses sept solos pour orchestre, cycle que le compositeur vient d’achever tout récemment.