Accroche note
programme (PDF)

L’ensemble strasbourgeois offre à Musica un brillant programme, conviant au passage trois des compositeurs français les plus en vue de leurs générations respectives.

Bruno Mantovani (né en 1974), brillant et volubile animateur de la jeune garde française dédie sa deuxième cantate – la première fut créée à Musica en 2006 – à Françoise Kubler et Armand Angster. Composée sur six des Canti du poète de Bologne Giacomo Leopardi (1798-1837), la cantate se développe dans différentes combinaisons : de la voix et de la clarinette seules aux multiples variantes du duo (clarinette volubile, récitatif, homorythmie…). Mantovani repense ici « la ligne ornementale appliquée à la langue italienne, sur des textes
portant une forme de musicalité très singulière ».

Entre Pascal Dusapin (né en 1955) et l’Accroche Note, c’est une longue histoire qui se déroule parallèlement à celle du festival. Depuis 1984, leur amitié musicale est sans cesse renouvelée, réinventée. Ce nouveau trio, composé sur treize poèmes de jeunesse de Samuel Beckett (il a alors entre vingt-deux et vingt-neuf ans), fait entendre une langue bien différente de celle qui formera ensuite son immense œuvre. On y perçoit toutefois l’écho qui chez lui subsistera toujours : « courant la boulimie du sens et du non-sens ».

Chez Brice Pauset (né en 1965), qui reprend en forme d’hommage l’effectif du fameux Quatuor pour la fin du temps d’Olivier Messiaen, la poésie se trouve « en arrière plan ». Sa théorie des larmes se réfère à la boue (Schlamm) « qui a accompagné, soigné ou enseveli nos anciens ».