pink velvet’s bad trip
programme (PDF)

Étonnant programme où les techniques, l’esprit ou la relecture du psychédélisme pop des années soixante-dix renouvellent une attitude de l’avant-garde.

Fausto Romitelli (1963-2004) brandissait son goût pour les icônes pop seventies comme un étendard. Son Professeur Bad Trip aime, dit-il, « le rock psychédélique et progressif et les avant-gardes de l’univers techno », il en recycle l’interaction entre électroacoustique et geste instrumental en abandonnant ses clichés harmoniques. Depuis sa création, cette trilogie est devenue emblématique d’un possible cross-over entre écriture et back-ground populaire.

Wolfgang Mitterer, pour qui la pratique instrumentale et électroacoustique est depuis toujours partie liée à la composition, ne pose pas la question du cross-over, mais plutôt celle d’une génération organique, d’une fusion. go next, récemment créée par ses commanditaires (L’Ensemble Remix et Peter Rundel) est une magistrale démonstration : l’intrication entre l’électrique – sa dimension acoustique, numérique et descriptive – et l’instrumental – ses couleurs, sa complexité – est totale.

Quarante ans passés, que sont ces musiques originelles devenues ? David Horne (compositeur écossais, né en 1970) et Vítor Rua (compositeur portugais, né en 1961) revisitent à leur manière deux mythes : le Velvet Underground et le Pink Floyd. Restless Feeling fait allusion au style plus qu’à un album ou à un titre en particulier ; Horne y montre un vrai panache orchestral qui s’accorde bien au kitsch du Velvet. De son côté, Vítor Rua remémore sa propre pratique d’alors. L’Interstellar overdrive du Pink Floyd historique conserve ainsi, grâce à une espèce d’auto-ironie du compositeur, une vraie verdeur et une puissance d’évocation inentamée.