« Bon alors ( ), heu, c’est très simple, l’été dernier j’suis allé à Londres, en avion, et j’ai pris heuuuu ( ) … » Hoouuuaaaaa ! Nous voici subito embarqués dans un savant et débridé pèle-mêle de paroles, dont les vitesses et les flux sont accompagnés par un « combo » de musiciens (batterie, synthétiseurs, basse, violon, clarinette…) tout droit sorti des arcanes pop progressives des années soixante-dix, convoquant au passage Frank Zappa et Robert Wyatt.
Une transposition mot-à-mot d’un récit de voyage, la transcription d’un feuilleton radiophonique chrétien du Nebraska (en français), la recomposition virtuose des phrases – découpées, répétées, déformées ou filtrées dans une moulinette électro polyphonique –, renouvellent radicalement l’idée du concert qui prend soudain les contours d’une foire sonore, à la manière des meilleurs montages radiophoniques où se bousculent imprécations et compositions instrumentales.
« Ce qui m’intéresse, dit François Sarhan, c’est l’hétéroclite des écoutes : attentives, distanciées, ironiques, à forte références visuelles… ». En osmose avec les musiciens de l’ensemble ictus, qui réalisent là une fantastique performance de transgression des genres, le compositeur s’affirme en leader décalé d’une histoire sans but. Un pur moment de bonheur sonore ; les voix – dit-on – ne vieillissent jamais…


La SACEM