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Les mélomanes connaissent le bonheur du concert matinal ; on s’y retrouve entre amis, entre connaisseurs et curieux, disponible. Depuis des années, Musica en fait un rendez-vous privilégié avec de merveilleux musiciens, dans le cadre décalé et immédiatement approprié du Palais du Rhin. Ces solistes de haute volée sont dévoués à des répertoires aux virtuosités vertigineuses.

Andrew Zolinsky est de cette lignée rare. Premier prix du concours international de piano de San Francisco, il a notamment enregistré l’œuvre complète de Schœnberg et se consacre aussi bien au concerto (avec, par exemple, le BBC Symphony Orchestra ou le Royal Philharmonic Orchestra…) qu’au récital.

La musique d’Unsuk Chin, il la fréquente assidûment, donnant le Concerto pour piano à Londres et les Études à Manchester. Débuté en 1995, ce cycle comporte à ce jour six numéros (sur les douze prévus) qui traitent chacun d’un aspect particulier de la pratique musicale et font référence à des genres (toccata, scherzo) ou à des techniques de composition (échelles, grains…).

Le travail sur les Études pour piano, Ligeti y a attaché un tel soin, y a mis tant de sa personne, qu’il a fait des siennes un des monuments de la littérature pianistique. Par effet de voisinage, on entendra la correspondance sous-jacente qu’Unsuk Chin entretenait avec elles, comme on cherchera celle que Ligeti avouait avoir avec Conlon Nancarrow, qui fut – entre autre – l’auteur d’une incroyable œuvre pour piano mécanique.

Ce récital, enfin, ouvrira une fenêtre sur le travail de Bernhard Lang, pour la première fois invité à Musica. Ces douze « cellules automatiques » pour piano témoignent d’un formalisme conceptuel très différent de ce que l’étude classique présuppose. Un formalisme que l’on retrouvera, plus tard dans le festival, avec sa musique de chambre comme avec son nouvel opéra Der Alte vom Berge.


La DRAC Alsace