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Le Sacre du printemps est une révolution primitiviste, un paganisme sauvage qui fait irruption au XXe siècle en balayant le mysticisme wagnérien latent ou l’avènement du classicisme straussien.

C’est une révolution russe avant l’heure, Stravinsky précurseur païen des Amériques urbaines d’Edgar Varèse, du folklorisme enragé de Béla Bartók, de son Mandarin Merveilleux par exemple. Déferlante sonore, apocalypse acoustique, c’est un outrage sonore que jamais l’orchestre, ce vieil outil de la musique européenne, n’avait subi jusque-là. Du ballet à la salle de concert, le Sacre sonne toujours à nos oreilles en fascinant rituel.

S’attaquant à la vanité du concerto pour piano, à son héritage post-beethovénien, James Dillon convoque Andromeda, princesse éthiopienne, pour constituer son proto-théâtre. Écho au rivage désert, il contrarie l’emphase vers laquelle le genre musical a été dévoyé, en un long mouvement continu, divisé en quinze sections. Ce Concerto pour piano brouille les territoires en multipliant les chemins, les digressions en cellules aux développements éphémères, comme autant de micro-mondes en constellation, en scintillement.

Avec Time Stretch, Bruno Mantovani, dont Musica dressait l’an passé le brillant portrait, dilate le temps du compositeur napolitain Gesualdo, précisément celui d’un des madrigaux du Ve livre. Comme une toile peinte en palimpseste, la partition ne nous livre sa référence qu’en second plan et dévoile l’œuvre originale.


La SACEM
Ministère de la Culture et de la Communication-DRAC Alsace, La ville de Strasbourg, La Région Alsace et le Conseil Général du Bas-Rhin

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