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Hors les murs de sa fameuse chapelle, l’œuvre de Morton Feldman, écrite en hommage et référence à l’espace octogonal et aux peintures de Mark Rothko, résonne avec persistance d’une spiritualité singulière.

Par un extraordinaire effet de transposition, c’est le lieu de méditation lui-même que la musique parvient à rendre, une simulation que l’esprit traduit en expérience physique au fur et à mesure de l’écoute. La lenteur du geste musical, appropriée à la contemplation, s’apprécie à la limite du visible comme une rémanence des lumières du peintre.

D’une autre spiritualité, puisant cette fois à l’autobiographie, le Journal de Claude Vivier relate la part du souvenir où se mêlent recherche de la mère, mélange de rêve et d’existence parallèle ; où se côtoient Lewis Carroll et Novalis. Cette évocation de l’enfance, de l’amour, de la mort et de son après, révèle l’illumination de laquelle Vivier semble survenir. « Que j’entre enfin au temple des musiques somptueuses » imagine-t-il dans la quatrième partie – Après la mort. Prière parcourue d’une immense émotion, Journal est à jamais le testament du compositeur canadien.

Ces deux partitions essentielles de l’art vocal sont magnifiquement servies par Rachid Safir et ses « Jeunes solistes ».