Michael Jarrell
Suisse (1958)


« Composer, pour moi, c'est se mettre en difficulté, se remettre perpétuellement en question, et c'est aussi se construire soi-même. » Michael Jarrell n'hésite pas à retravailler sans relâche un même objet, une même idée et développe son matériau musical de façon arborescente, une œuvre pouvant ainsi servir de germe à une autre. Sa musique s'enrichit en outre de son attirance pour la peinture et la sculpture. Ses œuvres entretiennent ainsi un lien très fort avec la pensée visuelle et spatiale, que ce soit le cycle des Assonances (débuté en 1983), présentées comme un cahier d'esquisses ou Congruences (1988-89), qui intègre des notions de géométrie et de perspective.

Pour la scène, il écrit des œuvres marquantes comme le monodrame Cassandre (1993-94), l'opéra Galilée (2005) d'après Bertolt Brecht ou récemment l'opéra de chambre Siegfried, nocturne, sur un livret d'Olivier Py, créé en octobre 2013. Son catalogue, qui aborde tous les genres de la musique soliste aux grandes pages vocales et instrumentales, accorde une large place au concerto, un genre qui renvoie à des notions de rhétorique et de dramaturgie qui lui sont chères (Abschied I et II, ...prisme / incidences... I et II ou encore Spuren, créé à Musica 2014). Après une formation à Genève, aux États-Unis, à Freibourg auprès de Klaus Huber, puis à l'Ircam, Michael Jarrell est largement reconnu et récompensé à travers le monde : prix internationaux, résidences, commandes…

Il est professeur de composition à la Musikhochschule de Vienne depuis 1993 et au Conservatoire de Genève depuis 2004. En 2015 sont créés ...in verästelten Gedanken... (Nachlese VIIb) par le quatuor Arditti et Dornröschen (Nachlese IVb) par la violoniste Alexandra Greffin-Klein.