Pierre Henry
France (1927)


Novateur dans le domaine de l'exploration du son, défenseur d'une esthétique libre et ouverte, pionnier dans les recherches technologiques, Pierre Henry a ouvert la voie à de nombreux univers des musiques nouvelles, notamment électroniques. Il n’a cessé de donner à cette musique un souffle et une ambition qu’on ne lui soupçonnait pas au départ, en construisant un ensemble colossal et varié d’œuvres qui continuent de toucher tous les publics et toutes les générations.

Il s'est formé au CNSM de Paris (1937-47), en particulier auprès d'Olivier Messiaen, dont l'enseignement a été selon lui la révélation déterminante dans sa quête permanente d'un renouveau en musique. Autre rencontre décisive : celle avec Pierre Schaeffer. Ensemble, ils écrivent plusieurs œuvres dont la Symphonie pour un homme seul, créée en 1950 et qui, chorégraphiée par Maurice Béjart, fera le tour du monde. Il collabore avec Maurice Béjart pour une quinzaine de ballets, mais également avec d’autres chorégraphes comme Georges Balanchine, Carolyn Carlson et Merce Cunningham.

De 1950 à 1958, Pierre Henry dirige les travaux du Groupe de Recherche de Musique Concrète puis fonde son propre studio, Apsome (où il compose notamment les Variations pour une porte et un soupir, 1963, L’Apocalypse de Jean, 1968). Il devient en 1982 le directeur artistique du studio Son/Ré, où plus de 120 nouvelles œuvres seront réalisées : La Dixième remix (1998), Concerto sans orchestre (2000), Orphée dévoilé (2005)… Il poursuit alors sans relâche ses recherches et expérimentations, associant techniques nouvelles et procédés inventés par lui, adaptant les technologies en constante évolution.

Créateur et chercheur infatigable, Pierre Henry a créé Continuo ou vision d’un futur et proposé un « grand remix » de sa Messe pour le temps présent en janvier 2016 à la Philharmonie de Paris. Un coffret monographique de dix CDs sort à l'automne 2016 chez DECCA.