Sylvano Bussotti
Italie (1931)


Sylvano Bussotti étudie le violon, l'harmonie, le contrepoint et le piano au Conservatoire de Florence. Contraint d'interrompre ses études à cause de la guerre, il poursuit sa formation en autodidacte (1949-56), puis se rend à Paris et suit les cours de Max Deutsch (1956-58), ancien élève d'Arnold Schoenberg. Il est invité par Pierre Boulez à suivre ses cours à Darmstadt, où il rencontre John Cage et se rapproche de sa musique et de sa philosophie.
À cette époque son style évolue, passant d'une écriture sérielle à un langage très libre, lié au hasard et à l'indétermination. Il utilise un système libre de notation graphique, qui fait de ses autographes musicaux de véritables œuvres d'art (comme Autotondo Tondodono, « dessin sonore indéterminé », 1991). Prenant ses distances avec l'héritage de l'avant-garde européenne à partir de Pièces de chair II (1958-60), il explore à travers sa musique un vocalisme expressif, une tension pathétique directe et dramatique, et développe une écriture instrumentale raffinée qui s'étend de l'abstraction figée au geste frénétique.
Il devient le point de mire de l’actualité musicale internationale à la suite de la création de son opéra La Passion selon Sade au Festival de Palerme en 1965. Succès de scandale qui fait découvrir un compositeur hédoniste, au langage graphique, mais surtout un grand homme de théâtre : tout à la fois metteur en scène, décorateur, costumier, acteur… L’essentiel de sa carrière à partir des années 1970 est d’ailleurs tourné vers le théâtre plutôt que la composition : directeur artistique de La Fenice à Venise, professeur à l’Académie des Beaux-Arts de L’Aquila, il n’a pour autant jamais délaissé la composition, comme en témoigne son large répertoire d’œuvres solistes et orchestrales, vocales et concertantes mais aussi de musique de chambre et d’ensemble.