Philippe Boesmans
Belgique (1936)


Après des études de piano au Conservatoire de Liège, Philippe Boesmans abandonne la carrière pianistique pour la voie de la composition qu’il aborde en autodidacte. Profondément influencé au départ par le sérialisme, il prend rapidement conscience de la nécessité d’en dépasser les contraintes et les exclusions. Sans renier cet héritage, il élabore un langage musical très personnel, où la communication avec l’auditeur trouve une place centrale. L’exigence d’un matériau de base très simple est un autre trait de son écriture, ce qui n’empêche pas les développements complexes dans les registres de la virtuosité, de l’exploration des timbres instrumentaux, ainsi que des effets de déstructuration du matériau ou de démultiplication dans la construction du discours (les trois Fanfares de 1971, 1973 et 2002, Intervalles I et II pour orchestre 1972-73).

Son œuvre est jalonnée de consécrations importantes : prix Italia pour Upon La Mi en 1971, prix Honegger pour l'ensemble de son œuvre en 2000 et, en 2004, le Prix Musique de la SACD. De 1985 à 2007, Philippe Boesmans est compositeur en résidence au Théâtre Royal de la Monnaie, dont les directeurs Gérard Mortier puis Bernard Foccroulle lui commandent plusieurs œuvres parmi lesquelles La Passion de Gilles (1983), Reigen (1993) dans une mise en scène de Luc Bondy, repris de nombreuses fois et qui vaudra au compositeur une renommée internationale, Wintermärchen d'après Shakespeare et Julie d’après Strindberg – en collaboration avec Luc Bondy – créées en 1999 et 2005. La comédie tragique Yvonne, princesse de Bourgogne est créée à l'Opéra de Paris en 2009. Son sixième opéra Au Monde (texte et mise en scène de Joël Pommerat) est créé à La Monnaie en 2014 et repris l’année suivante à l’Opéra Comique de Paris.