Arvo Pärt
Estonie (1935)


Arvo Pärt étudie la composition au Conservatoire de Tallinn. Il apprend cependant seul la technique dodécaphonique (dont il se détournera), mal vue par le pouvoir soviétique – son Nekrolog (1960)est la première œuvre sérielle estonienne. Il travaille ensuite comme ingénieur du son à la radio, écrit ses premières musiques de film et ne cessera d'ailleurs jamais d'en composer.

Suite à une période de profonde remise en question et de maladie, le compositeur s'impose des ascèses religieuses de silence contemplatif, rejoint l'Église orthodoxe russe, et se plonge dans l'étude des musiques françaises et franco-flamandes de la Renaissance. L'année 1976 marque un tournant radical dans son langage ; il nomme ce style « tintinnabuli » (« petites cloches » en latin).

Les années 1976-77, particulièrement fécondes, donneront naissance à ses œuvres les plus célèbres : Für Alina, les fameux Cantus in Memory of Benjamin Britten, Fratres, Sarah Was Ninety Years Old ou encore Tabula Rasa. Son nouveau style est d'abord autant rejeté par les avant-gardes de l'Ouest – pour sa tonalité jugée naïve – que par le pouvoir soviétique – pour son mysticisme sous-jacent. En 1980, Arvo Pärt émigre à Vienne puis s'installe à Berlin l'année suivante où il restera jusqu'en 2011, avant de retourner en Estonie. Il poursuit le développement de ce nouveau style au cours des décennies suivantes, et compose notamment de nombreuses œuvres religieuses vocales. On lui doit aussi des œuvres de musique de chambre et d'ensemble, et quatre symphonies.

La musique d'Arvo Pärt, par sa beauté intemporelle et sa profondeur spirituelle, a conquis un large public à travers le monde entier.