L’orchestre d’hommes-orchestres
Canada


L’orchestre d’hommes-orchestres (LODHO) est un collectif d’artistes-musiciens indisciplinés (musique, théâtre, performance, danse, arts urbains, etc.) qui s’est formé à Québec en 2001. Symbolisé par le personnage de l’homme-orchestre (sorte d’homme à tout faire sans talent particulier sauf celui de pouvoir tout faire en même temps… un peu), le travail de LODHO repose sur la transversalité. Toujours un peu « hors-case », ses membres ne réfléchissent pas en termes disciplinaires, mais s’intéressent plutôt à la mise en relation constante des compétences et aux objets artistiques qui en résultent. L’accumulation des actions scéniques suffit à tisser un fil dramatique et à inventer une virtuosité plus englobante que pointue. En s’approchant ainsi du bricolage, le collectif s’éloigne de l’uniformité et de la standardisation. Il propose son art comme un plaidoyer en faveur de la débrouillardise et de l’intelligence et appelle à une réconciliation espérée entre art actuel et culture populaire.

La musique occupe une place centrale dans le travail de LODHO parce qu’elle sert de pivot esthétique permettant de structurer l’ensemble et de réunir différents langages artistiques. Les spectacles de LODHO sont donc structurés par les contingences réelles ou artificielles qui relèvent de l’interprétation musicale. C’est ce qu’on appelle faire de la « musique qui se voit ». Par l’utilisation d’instruments inusités, inventés ou pêchés dans le bassin de la vie quotidienne, LODHO plaque l’espace sonore sur des tableaux vivants au sein desquels les performeurs prennent des risques et jonglent avec les accidents sonores ou les erreurs acoustiques.

Toujours prêt à regarder la chose derrière la chose et à tirer le fil invisible, LODHO s’est peu à peu métamorphosé en laboratoire de création, en chantier permanent des arts vivants. Ouvert dans son propos comme dans son rapport au spectateur, LODHO propose aussi un regard oblique du côté de la performance et de la présence de l’acteur par la force d’un jeu brut provoquant des déséquilibres désarmants et une relation au spectateur sans artifice.
L’ODHO a reçu de la Fondation Glenn Gould le Prix Protégé de la Ville de Toronto 2013 et le Prix Ville de Québec 2015.