Zad Moultaka
Liban (1967)


Compositeur et plasticien, Zad Moultaka commence ses études musicales au conservatoire de Beyrouth. En 1984, chassé par la guerre, il s’installe à Paris où il reçoit l’enseignement de Marie-Madeleine Petit, Pierre Sancan, Aldo Ciccolini, Bruno Rigutto, Marie-Françoise Buquet et Christian Ivaldi, puis intègre le CNSMD de Paris en piano et musique de chambre. En 1993, il met un terme à sa carrière pianistique pour se consacrer à la composition et à la peinture.

Dans son travail de compositeur, il intègre les données fondamentales de l’écriture contemporaine occidentale – structures, tendances, familles et signes – aux caractères spécifiques de la musique arabe – monodie, hétérophonie, modalité, rythmes, vocalité. La lente maturation d’une forme d’expression très personnelle l’amène à une transformation radicale de son langage et aboutit, à partir de 2003, à une série d’œuvres dont la production s’est peu à peu amplifiée dans tous les genres : musique vocale, d’ensemble, de chambre, opéra, électroacoustique, musique de film mais aussi installations sonores et musiques pour la danse ou le théâtre.
Zad Moultaka collabore avec de nombreux artistes à travers le monde, notamment les ensembles Ars Nova, Sillages, Accroche Note, Musicatreize, L’Instant Donné, le Netherlands Radio Choir, l’ensemble Schönberg d’Amsterdam, le Nouvel Ensemble Moderne de Montréal, les Neue Vocalsolisten de Stuttgart…

Il fonde en 2004 Mezwej, ensemble relevant d’un esprit d’expérimentation, de recherche et de création, à travers un questionnement des clivages et des frottements entre cultures orientale et occidentale, écriture et oralité.
Sa personnalité riche et complexe le pousse à déchiffrer inlassablement les énigmes et les résistances qui surgissent en lui, questionnant l’histoire, la mémoire, le monde contemporain.

Zad Moultaka est en résidence à l’Arsenal de Metz et à l’Institut du Monde Arabe (2016-18), ainsi qu’auprès de l’ensemble 2e2m (2017). Cette année sont notamment créées à l’Arsenal de Metz Noujoum (Orchestre national de Lorraine, direction Julien Leroy) et Lamentazioni (Concerto Soave et Mezwej). Sa Passion selon Judas, pour contreténor, dispositif électroacoustique et vidéographique, sera créée par Mezwej en 2018 (livret de Wajdi Mouawad). Il représente le Liban à la 57e Biennale d’art de Venise en 2017.