Ernst Lubitsch
Allemagne (1892 - 1947)


Maître absolu de la comédie sophistiquée, réalisateur prolifique d’une cinquantaine de films, Ernst Lubitsch détourne les codes du genre, manie avec subtilité illusion et allusion, cultive l’art de l’ellipse, de l’attente et de la surprise. Fasciné dès son plus jeune âge par le théâtre, il travaille le jour comme comptable dans la boutique de son père et se consacre à sa passion le soir. Il obtient rapidement divers engagements dans des cabarets, puis intègre en 1911 la troupe du Deutsches Theater, où il côtoie notamment Emil Jannings. En 1913, il commence ses débuts d’acteur pour le cinéma, alors en plein essor en Allemagne, et obtient un vif succès dans des rôles comiques. Il ne tarde pas à endosser également les rôles de scénariste et de réalisateur, et finira pas délaisser la carrière d’acteur.

Son premier film marquant Les Yeux de la momie voit le jour en 1918, et il triomphe avec La Princesse aux huîtres l’année suivante. Poursuivant sa carrière outre-Atlantique, il réalise en 1923 son premier film américain, Rosita, à nouveau un succès. Ernst Lubitsch est un travailleur acharné et chaque film semble surpasser le précédent, en qualité et en succès (critique et commercial). On commence à parler de la « Lubitsch touch » : élégance et sophistication dans la satire, sens du rythme et de l'ellipse. Il réalise son premier film parlant en 1929 : Parade d'amour avec Maurice Chevalier et Jeanette MacDonald qui obtient six nominations aux Oscars dont celle de meilleur film.

À partir de la fin des années trente, Lubitsch réalise ses films les plus connus, tous des comédies. Malgré leur caractère léger et brillant, ils abordent souvent des préoccupations très sérieuses et contemporaines : en 1939, Ninotchka est l'un des premiers films à critiquer le régime de Staline, en 1940, Rendez-vous aborde la question du chômage, et en 1942 Jeux dangereux a pour thème principal le nazisme. Ernst Lubitsch reçoit un Oscar d'honneur en 1947.