Bernard Parmegiani
France (1927 - 2013)


Après des études de piano, Bernard Parmegiani intègre le Groupe de Recherches Musicales en 1959 en qualité de preneur de son et assistant pour le montage, et sera notamment l'assistant de Iannis Xenakis et de Luc Ferrari. Après deux années de stage de musique concrète, il bascule progressivement de l'activité de preneur de son à celle de compositeur.

Les genres qu'il aborde sont multiples : musiques acousmatiques, musiques pour l'image ou pour la scène. Entre 1960 et De Natura Sonorum en 1975, son activité est prolixe et diversifiée, équilibrée entre les musiques d'application et les musiques d'obédience concrète. Humour et savoir-faire dans le domaine de la prise du son et du montage (Violostries, L'Instant mobile, Capture éphémère, La Roue Ferris…) participent de l'éclosion d'un des plus grands acteurs des « arts et sons fixés sur support électronique », sans s'interdire des collaborations avec des musiciens de jazz ou de pop. À partir de 1970, Parmegiani excelle dans des œuvres aux dimensions formelles plus grandes et plus abouties (Enfer, Pour en finir avec le pouvoir d'Orphée, De Natura Sonorum, La Création du monde…). Il quitte officiellement le GRM en 1992.

Maintes fois récompensé pour ses musiques, Bernard Parmegiani a contribué à l'élaboration d'un style « GRMiste » : des sons ciselés dans la matière sonore, souvent enregistrés en très gros plan, puis transformés, polis et mixés pendant des heures dans le studio de composition. La touche « Parmegiani » serait peut-être son aptitude à donner de l'énergie aux sons, à créer le mouvement.

À la croisée de l'écriture concrète et du travail sur les synthétiseurs, grand admirateur de Stockhausen et soutenu par Pierre Schaeffer, Bernard Parmegiani est lui-même l'inspirateur de toute une génération de musiciens contemporains et au-delà, d'artistes sonores toutes esthétiques et disciplines artistiques confondues.