Henri Fescourt
France (1880 - 1966)


Henri Fescourt est l’un des grands représentants du cinéma muet populaire de la première moitié du XXe siècle, s’illustrant tout particulièrement dans les adaptations cinématographiques de grands classiques de la littérature française sous forme « feuilletonesque », en plusieurs volets.

Après avoir suivi des études de droit et travaillé comme critique musical et journaliste à L’Intransigeant, il commence dans le monde du cinéma en tant que scénariste pour Gaumont fin 1911. Il est introduit dans le milieu grâce à Louis Feuillade, alors directeur artistique chez Gaumont (auteur notamment de la série des Fantômas de 1913-14). En 1912 il tourne son premier film et à l’issue de la Première Guerre mondiale, Henri Fescourt compte déjà une soixantaine de films à son actif. Après un bref passage par la société du Film d’Art en 1921, il s’installe à Nice et réalise tous ses films pour le compte de la société des Cinéromans (fondée notamment par Gaston Leroux).

Il adapte les grands auteurs français : Mathias Sandorf de Jules Verne, Rouletabille chez les bohémiens (1922) d’après Gaston Leroux et Mandrin (1923) de Arthur Bernède. Il est à l’apogée de sa carrière lorsqu’il tourne, en 1925, sa somptueuse version des Misérables de Victor Hugo. En 1929, il réalise Monte Cristo d’après Alexandre Dumas père, son dernier grand succès. Les sujets abordés par Fescourt sont variés, mais l’on peut remarquer une certaine prédilection pour les histoires de vengeance, les changements d’identité et les héros masqués.

En 1925, il publie avec Jean-Louis Bouquet un petit manifeste intitulé L’idée et l’écran, en réaction contre les idées d’une certaine avant-garde, défendant l’importance du récit et du scénario et s’inscrivant par là dans la défense du grand cinéma populaire.

Après la Deuxième Guerre mondiale, il s’engage dans l’enseignement (au Centre de formation du comédien d'écran de l'IDHEC en 1943-44 et à l'École technique de photographie et de cinéma de 1943 à 1946). En 1953, il démissionne de son poste de représentant du syndicat des techniciens C.G.T. à la commission de contrôle des films et se retire de toute activité cinématographique.