Abel Gance
France (1889 - 1981)


Abel Gance commence sa carrière artistique comme comédien de théâtre et de cinéma. Il joue notamment au Théâtre du Parc à Bruxelles, écrit des poèmes et des pièces de théâtre. C'est en 1912 qu'il fait ses premières armes au cinéma. Il tourne d'abord en indépendant avec la société de production qu'il a créée, « Le film français », puis pour Charles Pathé et Louis Nalpas. Il est à la fois derrière et devant la caméra, signe le scénario et le montage de ses films. Abel Gance passe une partie de la Première Guerre sur le front, où il est affecté à la Section cinématographique des armées, avant d'être réformé pour raisons de santé. Fin 1918, il a déjà une vingtaine de films à son actif. Les images expérimentales de La Folie du docteur Tube (1915) lui valent un succès critique, mais c'est le mélodrame Mater dolorosa (1917) qui le révèle au grand public, deux ans avant J'accuse, qui lui apporte en 1919 une reconnaissance internationale.

Son film monument Napoléon innove par sa technique de montage et divers procédés qui ouvrent la voie à une caméra désinhibée. Son procédé de « polyvision » Ie fait entrer au panthéon du cinéma : les scènes sont tournées avec trois caméras synchronisées et reproduites sur trois espaces de projection. Son premier film parlant, La Fin du monde (1931), n'est pas un succès retentissant, mais les suivants, comme le remake de Mater dolorosa (1932) et Napoléon Bonaparte (1935) sont considérés comme des œuvres pionnières de ce média en plein renouveau. De 1943 à 1954, des problèmes financiers l'empêchent de poursuivre son travail de réalisateur. Avec les films Austerlitz (1960) et Cyrano et d'Artagnan (1963), il renoue avec le succès dans les salles obscures.

L'œuvre d'Abel Gance a fait l'objet d'incessantes controverses : pour certains, c'est un génie, l'un des plus grands romantiques du cinéma pour d'autres, son travail oscille entre créativité et cliché. En revanche, son rôle dans l'évolution du cinéma est incontesté. Ses innovations techniques et les expérimentations sur le son, la couleur et la technique 3D, révolutionnaires pour l'époque, ont influencé des contemporains comme Jean Epstein et, plus tard, les cinéastes de la Nouvelle Vague.

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