Toru Takemitsu
Japon (1930 - 96)


Toru Takemitsu se forme en majeure partie de façon autodidacte. Nourri de musique occidentale écoutée à la radio, il découvre également les œuvres de Copland, celles de Messiaen auquel il restera attaché toute sa vie, et se passionne pour les films américains. Après avoir écrit sa première œuvre marquante, Lento in due movimenti pour piano (1950), il participe à la fondation du groupe Jikken Kobo (Atelier expérimental, 1951-57), qui réunit des musiciens, poètes et plasticiens. Cette expérience le marquera durablement et l’incitera à travailler en collaboration avec d’autres artistes et disciplines artistiques.

Comme beaucoup de compositeurs japonais, il découvre les musiques sérielle, concrète et électronique au début des années cinquante. Peu après la création du studio de la NHK en 1955, Toru Takemitsu compose des musiques pour bande (Static Relief, 1955), pour la radio et la télévision, et aborde le cinéma. C’est au contact des idées de John Cage puis lorsqu’il le rencontre en 1964 qu’il renoue avec sa propre culture – Eclipse pour biwa et shakuachi (1966), November Steps (1967) pour les deux mêmes instruments et orchestre, In an Autumn Garden (1973) pour orchestre de gagaku.
Les années soixante-dix sont celles de la consécration pour Toru Takemitsu, son catalogue s’accroît dans des genres très divers, il reçoit de nombreux prix et honneurs internationaux. Sa production des années 1980 est principalement consacrée à compléter les cycles « Waterscape » (Rain Tree, Rain Spell, Rain coming…) et « Dream » (Dreamtime, Dream / Window, Rain Dreaming) qui coïncideront avec une musique de plus en plus consonante et dont le point culminant sera atteint avec Quotation of Dream (1991).
La réconciliation entre les cultures est symbolisée dans le concept de « mer des tonalités » qui apparaît comme le maillon esthétique et musical entre l’Orient et l’Occident.