Stanley Kubrick
États-Unis (1928 - 1999)


C’est par la photographie que Stanley Kubrick vient à l’image. Il passe très jeune à la réalisation cinématographique avec des films d’abord situés dans la lignée du film noir. Docteur Folamour vient marquer une rupture vis-à-vis de ce courant classique. Dorénavant, Kubrick n'aura plus qu'un grand sujet et va déployer tous les moyens du cinéma pour sidérer, alerter son spectateur face à la folie du cerveau humain, explorer le conflit qui oppose l'intelligence à ce qu'elle produit. Ses films expriment une sorte de foi désespérée dans l’acte de vivre et une vision des relations humaines perçues comme des conflits jamais pacifiés entre la folie et la raison, la haine et l’amour, la pulsion et l’intelligence.

Ambitieux et visionnaire, il s’affranchit vite des normes : immédiatement reconnaissable par un style personnel très construit, il engage sur le plan de la production une âpre lutte avec les Majors pour rester en marge des circuits officiels et gagner son indépendance. Revisitant en une douzaine de films les standards du cinéma mondial – le péplum avec Spartacus (1960), la comédie de mœurs avec Lolita (1962), la satire politique avec Dr. Folamour (1964) ou Orange mécanique (1971), la science-fiction avec 2001, l’Odyssée de l’espace (1968), le film historique avec Barry Lyndon (1975), le thriller fantastique avec Shining (1980), le film de guerre avec Full metal Jacket (1987), il y imprime définitivement sa marque. Il meurt pendant le mixage d’Eyes Wide Shut (1999), aux dernières heures d’un siècle dont il a traduit toute la complexité en un mélange rare de pessimisme distancié et de poésie.