Anton Webern
Autriche (1883 - 1945)


Anton Webern participe à cette quête de renouvellement artistique au sein de la Seconde École de Vienne sous l'égide d'Arnold Schoenberg dont il a été, avec Alban Berg, l'un des plus remarquables élèves. Ses premières œuvres évoluent vers une tonalité de plus en plus élargie (Langsamer Satz, 1906 ; Quintette, 1907). L'importance du travail motivique et l'attention accordée au timbre, éléments notables de son langage, sont déjà en place.

À partir de 1909, début d'une période de crise compositionnelle, le langage atonal utilisé par le compositeur donne naissance à une série d'œuvres « aphoristiques », d'une extrême concision tant du point de vue de l’expression que de la brièveté du discours et de la forme (Cinq Mouvements, 1909 ; Bagatelles, 1911-13).

Il adopte ensuite, dès 1925, le dodécaphonisme sériel élaboré par Arnold Schoenberg (par exemple dans son Trio à cordes de 1926-27 ou la Symphonie de 1928) dont il développe et exploite le potentiel de manière très poussée, se soumettant à une discipline formelle stricte. Il continue également d'enrichir le répertoire du lied, inspiré par les poètes Richard Dehmel et Stefan George dans ses premières œuvres, puis par Hildegard Jone. La combinaison qu'il propose entre contrepoint rigoureux et « Klangfarbenmelodie » (mélodie de timbres) sera exploitée et développée dans les œuvres suivantes, jusqu'aux cantates opus 29 et 31 de 1943-44 et aux Variations pour orchestre de 1940.

Les 31 opus laissés par Anton Webern, œuvres denses et exigeantes, ouvrent la voie au sérialisme intégral et seront largement reconnus par la jeune génération d'après-guerre, avec en tête Pierre Boulez et Karlheinz Stockhausen.