Olivier Messiaen
France (1908 - 92)


« Ornithologue et rythmicien » pouvait-on lire sur la carte de visite d'Olivier Messiaen, en signe de son désir jamais tari de saisir l'ordre du monde, dans sa nature – il recueille inlassablement le chant des oiseaux qu'il transpose dans sa musique (Réveil des oiseaux, 1953 ; Catalogue d'oiseaux, 1956) – comme dans sa structure. Inspiré par la rythmique grecque, les deçî-tâlas de l'Inde ancienne et le gagaku japonais, nourri de l'étude approfondie des valeurs rythmiques et de l'exploration de la notion de durée, il bouleverse l'entendement occidental du temps musical.

Élève de Paul Dukas (composition), Maurice Emmanuel (histoire de la musique) et Marcel Dupré (orgue) au Conservatoire de Paris, il se forge un langage très personnel qui se distingue par ses timbres, ses rythmes, ses harmonies complexes, associant sons et couleurs avec une grande poésie. Titulaire de l'orgue de l'église de la Trinité pendant plus de 50 ans, il transcende l'orchestration registrée de l'orgue en usage pour forger une matière sonore incandescente, à l'image de sa foi profonde (Livre d'orgue, 1951 ; Le Livre du Saint Sacrement, 1984).

Olivier Messiaen épouse en 1962 la pianiste Yvonne Loriod, sa principale interprète, qui est à l'origine de nombreuses œuvres pour piano devenues parmi les plus importantes du XXe siècle, qu'elles soient solistes (Vingt Regards sur l'Enfant-Jésus, 1944) ou concertantes (Turangalîla-Symphonie, 1946-48 ; Sept Haïkaï, 1962 ; Des canyons aux étoiles, 1971). Son unique opéra Saint-François d'Assise, créé en 1983, constitue une véritable synthèse de ses recherches et son testament musical.

Grand pédagogue, auteur de plusieurs ouvrages théoriques, il ne cesse d'encourager ses élèves (parmi lesquels Karlheinz Stockhausen, Pierre Boulez, Iannis Xenakis, Gérard Grisey ou encore Pierre Henry) à développer leur propre personnalité, à travers une totale liberté de langage.