Edgard Varèse
France (1883 - 1965)


France/États-Unis (1883-1965)

Formé à Paris auprès de Vincent d’lndy, Albert Roussel et Charles-Marie Widor, installé aux États-Unis à partir de 1914, Edgard Varèse a inspiré presque tous les musiciens modernes de la seconde moitié du XXe siècle. Il est l’auteur d’une véritable révolution musicale dont l’origine réside largement dans son admiration pour la science. Rejetant la tonalité et son composant fondamental – le degré (la note) – il en contourne l’emploi par l’utilisation de clusters, de glissandi, mais aussi en donnant aux percussions – ces instruments souvent dépourvus de notes – une place centrale dans son œuvre (Ionisation, 1929). Rythme et timbre sont les deux atomes constitutifs de son langage. L’instrumentation de ses œuvres est en elle-même une évolution majeure : il est l’un des premiers à faire appel au grand orchestre – l’effectif monumental d’Amériques (1925-27) en est exemplaire. À la recherche d’un son nouveau, Varèse utilise les sirènes mais aussi l’électronique, met l’accent sur les frottements, déconstruit le chromatisme par des décrochements d’octaves (notamment au début d’Octandre, 1923), inverse les rôles des cordes et des cuivres dans l’orchestre en réservant désormais à ceux-ci un rôle mélodique à caractère incantatoire. Il est aussi l’un des premiers artistes d’inspiration transdisciplinaire : en 1958, il compose Poème électronique pour l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1958 en lien avec un film de Le Corbusier et une installation de Iannis Xenakis.