Igor Stravinsky
Russie, Fédération De (1882 - 1971)


Élève de Nicolaï Rimsky-Korsakov mais principalement autodidacte, Igor Stravinsky s’émancipe progressivement de la tradition russe au contact de la musique de Claude Debussy et de Maurice Ravel. Sa collaboration avec la troupe des Ballets russes de Serge Diaghilev transforme complètement son langage harmonique et l’impose comme créateur d’un nouvel univers sonore. Si L’Oiseau de Feu (1910) est encore emprunt d’un langage hérité du post-romantisme, Petrouchka (1911) et Le Sacre du printemps (1913) marquent une rupture par l’emploi de la polyrythmie, un usage abondant du chromatisme et l’utilisation d’agrégats sonores.

Pendant la Première Guerre mondiale, il aborde des formations plus restreintes, jusqu’à sa rupture définitive avec l’école orchestrale russe dans L’Histoire du soldat (1918). Pulcinella (1920), d’après Giovanni Battista Pergolesi, ouvre la période dite néoclassique du compositeur, qui s’étend jusqu’à l’opéra The Rake’s Progress (1951). Elle est caractérisée par des emprunts pleins d’humour et d’originalité à Guillaume de Machaut, Johann Sebastian Bach, Carl Maria von Weber ou Gioacchino Rossini. Vers 1950, alors que sa musique semble tourner le dos au « progrès » représenté par les trois Viennois Arnold Schoenberg, Alban Berg et Anton Webern, Igor Stravinsky fait volte-face en adoptant, à partir du ballet Agon (1957), un sérialisme dans la lignée d’Anton Webern, un style dépouillé et austère, où l’inspiration religieuse occupe une place importante.

Génie éclectique et cosmopolite, Igor Stravinsky a reflété dans son œuvre les principales recherches et les paradoxes des langages musicaux du XXème siècle, leur imposant chaque fois son sceau personnel.