Karlheinz Stockhausen
Allemagne (1928 - 2007)


Musicien autodidacte et singulier, Karlheinz Stockhausen laisse une œuvre puissante et monumentale, d’une conception profondément individuelle et empreinte de spiritualité.

La découverte d’Arnold Schoenberg, d’Anton Webern, puis celle d’Olivier Messiaen dont il rejoindra la classe à Paris en 1952-53, marquent sa pensée de façon décisive : les principes weberniens de déduction et d’unité organique deviennent essentiels (Klavierstücke 1-4, Kontrapunkte) et une conception radicalement neuve du temps musical héritée de Messiaen émerge dans Kreuzspiel. Soucieux toute sa vie de transmettre son œuvre, Karlheinz Stockhausen publie ses premiers grands textes théoriques dès 1952, soulignant l’exigence jamais reniée de la rationalité de l’écriture.La découverte de la musique concrète avec Pierre Schaeffer l’oriente vers le champ de l’électronique : Gesang der Jünglinge (1956) contient déjà l’essentiel de sa puissance créatrice – unité globale résorbant l’hétérogénéité du matériau, exploration de l’espace (Gruppen pour trois orchestres, 1958 ; Kontakte, 1961) et du temps (Hymnen, 1967).

De la notation la plus millimétrée aux musiques intuitives où disparaît toute écriture musicale, la puissance de son œuvre multiple réside dans la mélodie, mise en retrait au temps du sérialisme orthodoxe des années 50, mais présente dès les premières œuvres et jusqu’à l’immense opéra Licht (1977-2002). Vecteur direct d’une foi profonde qui a irrigué toute sa création, le principe mélodique reflète le rapport de Stockhausen au monde, parvenu à l’apaisement dans ses dernières œuvres qui composent le cycle inachevé Klang (Die 24 Stunden des Tages).

Participations comme auteur


Participations comme interprète