Martin Smolka
Tchèque, République (1959)


Après des études de composition à Prague, notamment auprès de Marek Kopelent, Martin Smolka co-fonde en 1983 et dirige jusqu’en 1998 l’ensemble Agon, acteur majeur de la musique contemporaine en République tchèque. Dès ses premières œuvres, ses influences sont perceptibles : minimalisme, postwébernisme, musique expérimentale américaine et École polonaise. Au début des années 1990, il s’intéresse à des techniques instrumentales et sources sonores insolites (cordes complètement distendues, vieux gramophones, objets divers utilisés comme percussions, etc.) dans le but de styliser les sons de la nature et de la ville (L’Orch pour l’Orch, 1990).

La musique de Smolka oscille entre deux pôles : convivialité débordante, sons symptomatiques de la civilisation, groupes de cuivres ou de folk jouant désaccordés ; souvenirs mélancoliques, désir douloureux, écho nostalgique des sons précédents. À cela correspond une stratégie structurante : juxtapositions de segments homogènes et contrastés, coupures discordantes, cinématographiques, avec la répétition comme principe de base. À la fin des années 1990, il focalise son attention sur le « recyclage » d’éléments de la musique traditionnelle, déformés selon les principes du micro-intervalle et combinés sur le mode du collage (Remix, Redream, Reflight pour orchestre, 2000). De plus, depuis une dizaine d’années, il s’intéresse à la musique vocale, notamment pour chœur (Poema de balcones pour chœur, 2008 ; Sacred Vessel pour trois chœurs et orchestre, 2014). Il a par ailleurs composé quelques musiques de films.

Martin Smolka a surtout été joué hors de la République Tchèque et a reçu des commandes des festivals et ensembles européens les plus réputés. Depuis 2003, il enseigne la composition à l’Académie Janácek de Brno.