Salvatore Sciarrino
Italie (1947)


Salvatore Sciarrino étudie les arts visuels avant de se consacrer à la musique. D’abord autodidacte, il s’initie à l’électronique auprès de Franco Evangelisti, qui compte avec Stockhausen au nombre de ses pères artistiques. Empruntant aux arts plastiques des techniques d’estompage du son, de fusion des couleurs, de jeux de lumières, il modèle le timbre pour mettre en place un monde sonore intimiste et transparent, réduit à l’essentiel (Esplorazione del bianco, 1986 ; Cantare con silenzio, 1999). Constituées d’une multitude de sons microscopiques, d’un flot continu de timbres recherchés, de souffle, de bruits infimes, ses structures sonores sont traversées de micro-variations.

Le son, véritable organisme vivant à l’instar de son instrument de prédilection, la voix, naît aux confins de l’imperceptible ; la tension dramatique se forme à partir du silence, ouvrant la voie à ce qu’on a appelé une « écologie de l’écoute ». Auteur du livret de la plupart de ses œuvres scéniques, il publie également de nombreux articles, essais et textes. Salvatore Sciarrino a enseigné la composition aux Conservatoires de Milan, Pérouse et Florence et donne de nombreuses master classes.

Les œuvres de Salvatore Sciarrino ont été composées pour le Teatro alla Scala, la RAI, la Biennale de Venise, La Fenice, les opéras de Stuttgart et Francfort, La Monnaie à Bruxelles, le Concertgebouw d’Amsterdam ou encore le London Symphony Orchestra et le Tokyo Suntory Hall, ainsi que de nombreux festivals prestigieux comme ceux de Schwetzingen, Donaueschingen, Witten, Salzburg, Wien Modern, Wiener Festwochen, Berliner Festspiele Musik, Holland Festival, Ultima (Oslo).
Fin 2017 est créé son opéra Ti vedo, ti sento, mi perdo, commande du Teatro alla Scala de Milan et du Staatsoper de Berlin.