Arnold Schoenberg
Autriche (1874 - 1951)


Père de la Seconde École de Vienne avec Alban Berg et Anton Webern qui furent ses élèves, Arnold Schoenberg occupe une place déterminante dans l'histoire de la musique du XXe siècle. Principalement autodidacte, d'abord influencé par Johannes Brahms, Richard Wagner et Richard Strauss, il suit des cours de contrepoint avec Alexander von Zemlinsky, son unique professeur.

Il entreprend tout au long de sa vie une importante carrière de pédagogue et de théoricien (Fondements de la composition musicale, 1937-48 ; Le style et l'idée, 1950).
Dès 1906, il explore dans la Kammersymphonie la dissolution des fonctions classiques de l'harmonie, puis supprime progressivement les repères thématiques identifiables (Erwartung, 1909 ; Pierrot lunaire, 1912). Ces œuvres sont marquées par le déplacement de l'énergie vers le timbre, qui aboutira à l'élaboration de la « Klangfarbenmelodie » (mélodie de timbres) et à la production de textures sonores inédites.
C'est au cours des années vingt, période de maturation du compositeur, qu'Arnold Schoenberg développe le sérialisme dodécaphonique (Fünf Klavierstücke et Serenade de 1923). Véritable point de rupture dans l'évolution du langage musical occidental, ce nouveau système supprime toute hiérarchisation des hauteurs par la présentation successive des douze sons de la gamme chromatique.
Aux moments les plus critiques de son parcours, c'est l'essor d'une profonde pensée religieuse qui canalise son énergie et ses doutes et irrigue sa création, de l'oratorio inachevé Die Jakobsleiter (1917-22) jusqu'aux Psaumes (1949-51), en passant par l'opéra Moïse et Aaron (1923-37). Les deux dernières décennies voient la musique d'Arnold Schoenberg se déployer dans des catégories formelles totalement inventées, s'appuyant souvent sur des textes forts comme L'Ode à Napoléon (1942) ou Un Survivant de Varsovie (1947).

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