Kaija Saariaho
Finlande (1952)


Kaija Saariaho fait partie des représentants les plus éminents de la musique finlandaise. Elle a étudié la composition à Helsinki, Freibourg et Paris, où elle réside depuis 1982. La formation qu’elle a suivie à l’Ircam a eu une influence déterminante sur son écriture, notamment orchestrale ; ses textures luxuriantes et mystérieuses sont bien souvent générées par la combinaison de musique acoustique et électronique. Avant son expérience à l’Ircam, elle retient de l’école spectrale française une attention portée sur le timbre et la couleur, développe ses propres structures harmoniques ainsi qu’une notation détaillée faisant usage d’harmoniques, de microtonalité et d’un continuum sonore s’étendant du son pur au bruit inharmonique – caractéristiques que l’on retrouve notamment dans l’une de ses œuvres les plus jouées, Graal théâtre (1994/97).

Si son catalogue comprend pour l’essentiel de la musique de chambre, à partir des années 1990 elle s‘oriente progressivement et avec succès vers de grandes formes et formations, comme en témoignent le diptyque pour grand orchestre Du cristal… à la fumée (1989-90) ou ses opéras : L'Amour de loin (2000) et Adriana Mater (2005), tous deux sur un livret d’Amin Maalouf, auteur également du livret de La Passion de Simone (2006), oratorio autour de la vie et de la pensée de Simone Weil. Son dernier opéra, Only the Sound Remains, est créé en 2016 au Dutch National Opera et repris à Paris, Helsinki, Madrid et Toronto.
L’expérience de l’écriture pour la voix la mène à clarifier son langage ; ses mélodies se teintent de modalité et sont accompagnées de motifs répétés de manière régulière. Ce changement de direction se retrouve par ailleurs dans nombre de ses œuvres orchestrales, parmi lesquelles Orion (2002), Notes on Light (2006), Laterna Magica (2008) ou encore Maan Varjot (2013).
Radio France lui a consacré un important portait lors du Festival Présences en février 2017.