Steve Reich
États-Unis (1936)


Après des études de philosophie, Steve Reich se forme à la composition avec Darius Milhaud et Luciano Berio. Bien que ses œuvres soient globalement marquées par un rythme régulier, un pôle harmonique, une clarté structurelle, des répétitions et un attrait pour le canon, Steve Reich n’a de cesse d’enrichir son langage et ses modèles. Il s’initie au jazz et à la musique électronique, étudie les percussions africaines au Ghana et travaille les techniques du gamelan balinais. Suivant un chemin à part, il assimile ainsi des structures, rythmes et harmonies issus des musiques extra-occidentales, des musiques populaires, du jazz et de compositeurs tels que Pérotin, Johann Sebastian Bach, Igor Stravinsky ou encore Béla Bartók.

Il est aujourd’hui reconnu avec Philip Glass et Terry Riley comme l’un des pionniers de la musique minimaliste et répétitive. Depuis ses premières œuvres, très radicales, travaillant sur le lent déphasage de plusieurs boucles de bande magnétique qu’il adapte ensuite à l’instrument (It’s gonna rain, 1965), jusqu’aux grandes architectures (Music for 18 Musicians, 1974-76 et Three Tales, 1998-2002 programmées à Musica), en passant par des œuvres inspirées par la cantillation hébraïque et le judaïsme (Tehillim, 1981 ; Daniel Variations, 2006), Steve Reich suit sa propre voie, jalonnée de préoccupations philosophiques, socio-politiques et spirituelles du monde actuel.

Convaincu de la nécessité de l’implication du compositeur dans l’interprétation, il crée en 1966 l’ensemble Steve Reich and Musicians avec lequel il interprète ses propres œuvres. La célébration des quatre-vingts ans du compositeur en 2016 est marquée notamment par une résidence au Carnegie Hall (Richard and Barbara Debs Composer’s Chair) et la création de Pulse par l’International Contemporary Ensemble, des séries de concerts au Lincoln Center Festival (New York) et au Barbican Centre (Londres).